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Secondaire et co-investissement : la vision d’Archinvest pour une allocation Private Equity plus robuste

Secondaire et co-investissement : la vision d’Archinvest pour une allocation Private Equity plus robuste

Longtemps structurée autour des fonds primaires, l’exposition au Private Equity s’est progressivement diversifiée. Secondaire, co-investissement, véhicules de continuation : ces stratégies offrent aujourd’hui de nouvelles possibilités pour construire une allocation moins dépendante du calendrier des fonds et des cycles de marché.

Pour comprendre cette évolution et la manière dont elle peut s’intégrer dans les portefeuilles des investisseurs privés et des Family Offices, nous avons croisé les regards de Nicolas Macquin, fondateur d’Archinvest, Emilie Loyer-Buttiaux, Directrice Générale et Co-fondatrice, et Pierre-Olivier Desplanches, Directeur Général et Co-fondateur.

Le secondaire et le co-investissement occupent une place croissante dans les allocations Private Equity. Qu’est-ce qui explique, selon vous, cet intérêt pour ces deux stratégies ?

Nicolas Macquin

Il y a deux raisons à ça. La première, c'est qu'elles offrent une vraie diversification, complémentaire à une allocation classique en Private Equity primaire : elles permettent de mélanger les millésimes et les modes d'exposition dans un même portefeuille, plutôt que de dépendre uniquement du calendrier d'un fonds primaire.

La seconde raison est plus structurelle et plus récente : ces dernières années, les sorties se sont faites plus rares et plus lentes, ce qui a créé de vrais sujets de liquidité pour les investisseurs comme pour les gérants. Beaucoup d'équipes ont dû trouver des solutions alternatives pour continuer à faire tourner leurs portefeuilles, et c'est précisément ce qui a accéléré le recours au secondaire, notamment via le GP-led, et au co-investissement.

Et je trouve que c'est une vraie opportunité pour les investisseurs : cette diversité de stratégies permet de construire une allocation qui n'a plus rien de standard, et qui peut vraiment être ajustée à l'approche et aux objectifs propres de chacun. On passe ainsi progressivement d’une logique d’exposition au Private Equity à une véritable logique de construction de portefeuille, avec davantage de possibilités pour piloter le rythme et la nature des investissements.

Ces deux approches répondent à des logiques assez différentes. Qu’est-ce qu’un investisseur doit réellement chercher dans une opportunité secondaire, et qu’est-ce qui compte davantage dans un co-investissement ?

Emilie Loyer-Buttiaux

Dans le secondaire, il faut distinguer deux logiques. Le LP-led reste l'usage historique et majoritaire du marché. Le GP-led, en forte croissance, est différent : c'est le gérant lui-même qui transfère l'actif dans un nouveau véhicule pour continuer à créer de la valeur sur ses meilleures participations. Dans ce cas, ce qu'on achète n'est pas un portefeuille qu'on nous cède faute de mieux, c'est souvent l'un des meilleurs actifs du fonds.

La qualité du sous-jacent devient donc essentielle, mais aussi la capacité à comprendre pourquoi le gérant souhaite conserver cet actif et quelle création de valeur reste à réaliser. C’est cette lecture globale de l’opération qui permet de distinguer une véritable opportunité d’une simple transaction secondaire.

Pierre-Olivier Desplanches

Dans le co-investissement, la question n'est plus la même. On ne juge pas un portefeuille, on juge un deal unique : la conviction qu'on a sur le secteur, et surtout la qualité de l'équipe qui sera en lead sur l'opération. L'expérience de Nicolas en tant qu’investisseur en LBO pendant 25 ans est particulièrement pertinente pour choisir les bonnes opportunités, ce qui est également le cas pour Emilie et moi-même.

Cette concentration du risque impose d’être particulièrement sélectif. Il faut être capable de comprendre rapidement les principaux moteurs de création de valeur et de déterminer si l’opération mérite réellement de mobiliser du capital sur un actif unique.

Dans le secondaire comme dans le co-investissement, la sélection de l’opportunité reste déterminante. Quels sont les éléments que vous analysez en priorité avant de vous positionner ?

Emilie Loyer-Buttiaux

Sur le secondaire, on regarde en priorité la maturité et la qualité des sociétés déjà en portefeuille, ainsi que la constance du gérant qui les a accompagnées jusque-là, pas la décote affichée en tant que telle.

La décote doit donc être analysée comme une conséquence des caractéristiques de l’opération et non comme le point de départ de l’analyse. Une décote importante sur un actif de moindre qualité ne constitue pas nécessairement une bonne opportunité.

Nicolas Macquin

Sur le co-investissement, la sélection se joue à deux niveaux : le gérant a déjà choisi cette opportunité parmi toutes celles de son fonds, et nous choisissons ensuite, parmi les dossiers qu'il nous propose, ceux dans lesquels on a une vraie conviction. C'est ce double filtre qui limite le risque sur un seul actif, là où on n'a pas la diversification d'un portefeuille pour absorber une erreur.

Est-ce que vous considérez aujourd’hui le secondaire et le co-investissement comme de simples compléments au Private Equity traditionnel, ou comme de véritables briques de construction d’une allocation ? Comment voyez-vous leur rôle évoluer dans les prochaines années ?

Nicolas Macquin

Ce ne sont plus de simples compléments pour moi. En les combinant avec du primaire, on mélange des millésimes différents dans le même portefeuille, ce qui réduit la dépendance à la conjoncture d'une seule année.

Le contexte actuel renforce cette place : les sorties restent plus lentes que la normale, avec des écarts de valorisation qui compliquent les cessions classiques, donc de nombreux gérants se tournent vers des véhicules de continuation plutôt que d'accepter une sortie à prix décoté. C'est exactement ce qui alimente le développement du GP-led, et je pense que cette dynamique va continuer de peser sur les allocations dans les années qui viennent.

À terme, ces stratégies peuvent donc être envisagées non seulement comme des moyens d’accéder à des opportunités spécifiques, mais comme des outils permettant de mieux équilibrer une allocation dans le temps. Cela suppose néanmoins de les intégrer dans une réflexion globale sur les millésimes, le niveau de diversification et l’horizon d’investissement.

5. Chez Archinvest, comment votre expérience de sélection de gérants et votre accès au marché influencent-ils votre manière d’identifier ces opportunités ? Et qu’est-ce qui, dans votre approche, vous semble réellement différenciant ?

Pierre-Olivier Desplanches

Chez Archinvest, l'accès au co-investissement découle directement de nos fonds primaires : ce sont des dossiers qui nous arrivent via les gérants avec qui on a déjà une relation établie, pas via un marché ouvert.

On ne se contente pas d'attendre que les opportunités viennent à nous. On fait un vrai travail de sourcing régulier, en restant à l'écoute du marché en permanence, pour identifier les dossiers en amont plutôt que de les découvrir une fois qu'ils sont déjà largement diffusés.

Cette connaissance des gérants permet également d’avoir une lecture plus fine des dossiers qui nous sont proposés : comprendre leur historique, leur manière d’investir et la façon dont ils accompagnent les entreprises est aussi important que l’analyse du deal lui-même.

C'est cette proximité avec les gérants de Private Equity, combinée à une vraie démarche proactive sur les deals, qui nous permet d'être positionnés sur ces dossiers, plus qu'un simple accès théorique au marché du secondaire et du co-investissement en général.

Étiquettes: Private markets

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